"Let's create this burning piano"

De la fureur, des tripes, de l'hystérie.

20 août 2008

Et la semaine prochaine on ira se noyer dans du champagne à Ibiza

Il y a, chaque jour, cet instant tardif, tellement tardif ces temps, où l’on se réveille à soi-même, ayant déambulé du corps quelques heures, désincarnés. Déhanchés invisibles pour tout le monde, comme sur un catwalk Balenciaga automne-hiver 2008-2009 géant.

Cet instant où l’on s’approprie des jambes, des bras, une voix, toutes ces choses qui me sembleront, chaque minute qui suivent alors, si loin de moi.

Précisément, il me semble que je perçois les fantoches. Mon amie loue l’assimilation, exhibe sa vraisemblance, quand mon aîné mon amour ne croit plus que dans la femme et que je me tourne vers ma voisine. Ils finissent, nous finissons par penser enfin qu’au moins l’autre –sa chair parfois– , elle, va mieux. Chacun fomente ses petits arrangements, à sa petite mayo, a son petit secret, pour se forcer à se croire.

Je ne me sens reliée à rien. Je ne me crois pas, je crée ma perte, je joue contre moi, je fonce lentement mais sûrement, les yeux grands ouverts, vers des portes fermées, presque exprès. Réveillée je déambule encore.

L’été empire les choses. L’hiver m’offre l’illusion de réussir à me blottir, à capter la chaleur d'une idée, de ma propre chair, d’un corps. L’été me rend à la conscience du vide de sens.

Lasse d’être lasse, je ne trouve pas d’expression qui qualifierait simplement un désir vrai.

Mais j’ai beau fouiller le fonds des yeux à la recherche d’un peu de consistance, je ne trouve jamais rien : passée la poudre, il n'y a jamais rien d’explosif.

Posté par cassie_l à 23:27 - Permalien [#]