"Let's create this burning piano"

De la fureur, des tripes, de l'hystérie.

23 octobre 2008

Marée basse

Je reviens d'une expo splendide mais détestablement mise en valeur. Par les conservateurs d'abord, comme si il avait fallu déterer l'artiste vite vite et l'exposer vite vite pour que toute la pature découvre. On prostitue l'oeuvre en somme, bêtement. Mais ce qui reste à mes yeux qui voient sont ceux des visiteurs rués sur les huiles alors qu'il y a surtout les aquarelles, les fragiles mais vraies toiles invariablement écartées de l'histoire: il faut de la consistance.

Il n'y a rien de plus fourbe qu'une huile, tout le gras cache des couches et des couches de ratés, d'essais, de camouflage, d'erreurs, de néant qui a failli rester. Il n'y a pas de mensonge dans l'aquarelle. La fragile transparence de la technique fait sa force, l'eau s'évapore et il reste la maîtrise du trait. On la penserait légère mais elle est là, entière, à faire ou défaire un homme.

Nolde a eu ses Amies.

Je me déleste des couches, je suis plus là que jamais et l'on m'enterre déjà.

Posté par cassie_l à 03:09 - Permalien [#]